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Les jours « d’après » au Japon

17 mars 2011

Les jours « d’après » passent au Japon! La consternation, l’incrédulité laissent place au temps macabre des inventaires humains et matériels. Outre l’immense problème nucléaire, le tremblement de terre et le tsunami ont fait d’énormes dégâts qui affectent gravement et durablement la vie courante et  l’économie du Japon.

Parc automobiles neuves détruit chez Nissan (DR)

Les quatre préfectures les plus gravement touchées, Iwate, Miyagi, Fukushima et Ibaraki, hébergeaient des usines et industries (agriculture, électronique, automobile notamment) représentant environ 6% de l’économie japonaise. Le plus grand port de la côte nord-est, Sendai, a été détruit. Sa principale activité concernait le trafic de conteneurs de marchandises pour l’exportation. Trois autres ports, Hachinohe, Ishinomaki et Onahama, ont été gravement endommagés et seront probablement hors service pendant des mois. Six raffineries pétrolières représentant un tiers des capacités du pays ne fonctionnent plus, dont deux en raison d’incendies. Des aciéries importantes dont Nippon Steel et Sumitomo Metal Industries ont été en partie inondées. Les coupures de courant à grande échelle, dues à l’arrêt de plusieurs centrales nucléaires ont contraint de nombreuses entreprises à arrêter leur production, comme les fabricants de produits électroniques Sony, Toshiba ou le constructeur automobile Toyota. Les entreprises sont également confrontées à de multiples problèmes logistiques comme l’approvisionnement en matières premières ou, plus simplement, l’acheminement des employés sur les sites encore en fonctionnement. Premier producteur automobiles , leader électronique et troisième sidérurgie mondiale, le Japon, et ses catastrophes pourraient aussi provoquer un tsunami économique planétaire difficilement quantifiable encore aujourd’hui.

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L’usine de Shougang la plus grande aciérie de Pékin délocalisée en province.

21 février 2011

Shougang, la plus grande aciérie de la capitale chinoise Pékin, a fermé définitivement ses portes début janvier 2011 au terme d’un long processus de délocalisation en province: un déplacement industriel colossal dû aux mesures environnementales décidées par le gouvernement. Conséquence humaine: plus de 20 000 ouvriers attendent de savoir ce qu’ils vont devenir.

Construit en 1919 à seulement 17 km de la célèbre place  Tiananmen, le plus grand groupe d’acier du pays déménage ! Les ouvriers eux,prendront les bus pour aller sur le nouveau site. « 8 000 personnes doivent prendre les bus. Ce sont des gens qui vivent à Pékin et qui sont amenés à travailler dans les nouvelles usines. Ils restent 12 jours sur place et ils reviennent ensuite se reposer pendant 4 jours. Au début ils attendaient le bus dehors, mais comme il fait froid l’entreprise à construit une salle d’attente près de l’ancien site », raconte Zhu Guo Lin, responsable de l’accueil. Métro, bus, boulot. 3 h 40 de route sont nécessaire pour rejoindre les nouvelles usines du Hebei. Pour la direction, « cette relocalisation est stratégique, l’accès à la mer devant permettre de réduire les coûts des transports ». Pour le gouvernement, ce déménagement du plus gros pollueur de la ville répond donc d’abord aux nouvelles normes environnementales adoptées depuis les Jeux Olympiques en 2008.

L'usine de Shougang à Pékin

Les derniers salariés du site ne partagent pas cet enthousiasme. Xi Vuhong a passé 21 ans dans l’usine de Pékin : « J’irais travailler dans la nouvelle usine après le Nouvel an chinois. C’est très dur…. J’aurais moins le temps de m’occuper de mon fils. Vous savez, la majorité des gens ne voulaient pas se déménagement. 10 % d’entre nous vont perdre leur travail ». En effet, 22 000 salariés du groupe n’ont toujours pas eu de propositions concrètes. Les nouvelles affectations, les retraites anticipées promises par la direction tardent à venir. Seule assurance, une partie du site de 700 hectares maintenant au cœur de Pékin devrait être transformé en parc d’attraction avec pour thème : l’histoire industrielle de la capitale.

Source RFI. Continue Reading »

Arcelor: prévisions à la hausse … pour 2011.

18 février 2011

Arcelor a publié ses résultats pour le quatrième trimestre 2010.
A un peu plus de 78 milliards de dollars, le chiffre d’affaires est en dessous des prévisions fixées par les analystes à 83 milliards de dollars. L’excédent brut d’exploitation est dans le bas de la fourchette: 8.525 millions de dollars. Il est inférieur à la fourchette estimative (entre 8.655 millions et 9.055 millions de dollars). Les bonnes nouvelles résident dans les prévisions. L’année 2011 s’annonce meilleure que 2010 et la reprise de la demande d’acier devrait se poursuivre. Le taux d’utilisation des capacités va continuer à augmenter, passant de 69% au quatrième trimestre à 76% au premier trimestre 2011. Les prix de vente sont attendus en hausse, comme l’Ebitda (1) à la tonne. Cela signifie-t-il pour autant que les marges vont continuer à se redresser ? Cela n’est pas sûr : les coûts opérationnels devraient afficher une hausse par rapport au quatrième trimestre 2010, sous l’effet de l’augmentation des prix des matières premières. La production d’acier propre au groupe doit augmenter de 10% cette année, ce qui va toutefois limiter un peu l’explosion de la facture des achats de ces matières premières.

(1) Il s’agit du profit avant déduction des charges financières, des impôts et taxes, des dotations aux amortissements et aux provisions (dépréciations…). A comparer à l’EBE français qui est l’Excédent Brut d’Exploitation (EBE)

Ferrailles: Retour aux prix de décembre 2010.

11 février 2011

Ferrailles cisaillées - Crédit: Athos

Après un début d’année en fanfare, février glace un peu l’enthousiasme des négociants de ferrailles. Les sidérurgistes européens, face à de nouvelles baisses de leurs carnets des commandes mais aussi grâce au repli des acheteurs turcs, ont imposé une baisse générale des cours (autour de 50 euros/tonne). Le but est de revenir aux prix pratiqués au mois de décembre. Si ces variations brutales à forte amplitude perturbent les achats des transformateurs de ferraille, les prix, entre 310 – 330 euros rendu/aciérie la tonne, restent encore élevés. Le printemps produira-t-il l’effet inverse en mars? Rien n’est moins sûr compte tenu des perspectives peu encourageantes de la sidérurgie de notre vieux continent.

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La sidérurgie égyptienne en crise.

10 février 2011

L’instauration du couvre-feu dans les rues des grandes villes égyptiennes a obligé les aciéristes à interrompre leur activité, rapporte le Metal Bulletin .
Le principal aciériste du pays, Ezz Steel, a ainsi mis en sommeil ses 4 sites qui ont ensemble 5,8 millions de tonnes (Mt) de capacité : un complexe de 3 Mt de capacité à Alexandrie (fer à béton, fil et produits plats), une unité de 1 Mt de fer à béton à Sadat City, une de 0,5 Mt à Tenth of Ramadan City et enfin, un site de produits plats de 1,3 Mt de capacité à Suez.
Avec 6 300 salariés le groupe possède une productivité élevée. Ezz Steel est contrôlé par Ahmad Ezz qui est à la fois président du conseil d’administration et directeur exécutif du groupe. Membre du parlement égyptien et ancien ministre, il était également jusqu’à sa démission fin janvier, l’un des dirigeants du Parti national démocratique, le parti au pouvoir. Ayant fortement contribué au financement de la dernière campagne électorale de Hosni Moubarak, et de son fils Djamel, il ne peut actuellement plus quitter le pays et ses comptes bancaires ont été gelés. Les autres aciéristes sont également affectés car ni les banques ni les transports ne fonctionnent actuellement. Ils ne peuvent donc ni importer, ni exporter leurs aciers. Avec une production d’acier de 6,7 Mt en 2010, l’Egypte est le deuxième sidérurgiste africain, derrière l’Afrique du Sud, et se place en 24 e position dans le classement global de World Steel Association.(1)

Sources: Metal Bulletin et l’Usine Nouvelle / 7 et 8 février 2011.

(1) http://www.worldsteel.org/

L’acier se porte bien.

7 février 2011

La production mondiale d’acier brut a atteint un niveau historique de 1,41 milliard de tonnes en 2010, une progression de 15% par rapport à 2009, selon les chiffres publiés par la fédération mondiale de l’acier (World Steel Association). La reprise du secteur se confirme, et au-delà des niveaux antérieurs à la crise économique et financière. En 2007, la production avait atteint 1,34 milliard de tonnes, déjà un record.
Etats-Unis, Japon, Russie, Allemagne… la plupart des pays qui sont d’importants producteurs d’acier ont réalisé l’an dernier une croissance à deux chiffres.« Cette croissance s’explique par la reprise de l’économie mondiale » indique Soo Jung Kim, une porte-parole de la WSA. L’année 2009, encore marquée par la crise, avait vu la production mondiale d’acier reculer de 8% à 1,22 milliard de tonnes. Les pays d’Amérique du Nord (+35,7%) et de l’UE (+24,5%) bénéficient toutefois d’une base de comparaison favorable par rapport à l’Asie (+11,8%) et la CIS (+11,2%), fait-elle remarquer.Avec une production de 626,7 millions de tonnes, la Chine est de très loin le premier producteur mondial. Même si la croissance de sa production d’acier (+9,3%) reste inférieure au niveau antérieur à la crise, elle est suffisante pour tirer la production mondiale à vers des sommets. « La demande en Chine est plus forte qu’ailleurs en raison de la production automobile et de l’industrie navale » précise Soo Jung Kim. Deuxième et troisième sur le podium, le Japon (+25,2% à 109,6 millions de tonnes) et les Etats-Unis (+38,5% à 80,6 millions de tonnes) ont nettement redressé leur production. La croissance du marché nippon s’explique notamment par une hausse des exportations contrebalançant la faiblesse de la demande locale, selon la Fédération japonaise du Fer et de l’Acier. L’Europe des Vingt-Sept a le vent en poupe, avec une production de 172,9 millions de tonnes en 2010. La France a grimpé de 20%, même si elle reste en dessous de son niveau de 2007. L’Allemagne a bondi de 34%. Par contre, la production du Royaume-Uni a baissé de 3,7%, « en raison de problème survenus à la fin de l’année dans la chaîne d’approvisionnement », affirme la fédération UK Steel. Les prix de l’acier, très sensibles au coût des matières premières, devraient connaître une hausse sensible durant l’année. Selon les experts de la sidérurgie mondiale interrogés par le Financial Times, le prix des laminés à chaud devrait progresser en moyenne de 32% en 2011. Pour le consultant britannique Hatch Corporate Finance, l’augmentation des prix pourrait aller jusqu’à 66% en un an. Les patrons des trois aciéristes indiens Tata Steel, Essar et JSW tablent quant à eux sur appréciation de 25%. Le sidérurgiste autrichien Voestalpine ne prévoit que 13%. L’Australien Macquarie Research envisage une hausse moyenne de 13,8%.

Source World Steel Association