Archive for the tag 'Florange'

Ascométal en probable redressement judiciaire

6 mars 2014

Après Florange, c’est un nouveau coup dur qui se dessine pour la sidérurgie française. Le groupe Ascométal a déclaré être en état de cessation de paiement, a-t-on appris de sources syndicales. « La direction nous a annoncé qu’elle allait déposer jeudi 6 mars une demande de mise en redressement judiciaire devant le tribunal de commerce de Nanterre », assure Christian Pantoustier, délégué CGT à l’usine Ascométal de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône).
Concrètement, cette entreprise de 2000 salariés dont 550 à Leffrinckouke dans le Nord, spécialiste des aciers spéciaux, fait l’objet depuis plusieurs mois d’un bras de fer entre son actionnaire, le fonds d’investissement américain Apollo, et ses banques, américaines elle aussi, Morgan Stanley et Bank of America. « Ascométal porte une dette d’environ 360 millions d’euros qu’elle n’arrive plus à rembourser », explique un proche du sidérurgiste français. Mais Apollo et ses banques n’arrivant pas à s’entendre sur un rééchelonnement de cette dette, la direction de l’entreprise a décidé de durcir le ton. « Compte tenu de la situation financière de l’entreprise et dans l’hypothèse où un accord n’interviendrait pas entre Apollo et les banques créancières, une procédure de redressement judiciaire devra être engagée jeudi devant le tribunal de commerce de Nanterre », a confirmé à l’AFP un porte-parole d’Ascométal.

Valdunes Leffrinckouke menacée

A Bercy, où l’on suit le dossier de près, on disait négocier d’arrache-pied pour éviter cette mise en redressement judiciaire, dont les conséquences pour les 1900 salariés d’Ascométal sont difficilement mesurables. « On assiste à une bataille entre un fonds et des banques américaines dans laquelle un fleuron industriel français est pris en otage et voit sa survie menacée, ce n’est pas acceptable », explique-t-on dans l’entourage d’Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif . L’état français a déjà montré ses limites dans une telle situation. À Leffrinckouke, Ascométal travaille sur le même site que Valdunes à qui il livre l’acier nécessaire à la production des roues ferroviaires. Déjà en grande difficulté, Valdunes près de 200 salariés, voit son avenir se noircir un peu plus également.

ArcelorMittal : des ouvriers de Florange occupent les locaux de la direction

20 février 2012

Entre 100 et 200 métallurgistes ont investi, lundi 20 février vers 8 heures, dans le calme, les locaux de la direction de l’usine d’ArcelorMittal de Florange. Répondant à l’appel d’une intersyndicale CFDT-CGT-FO–CFE-CGC, les ouvriers, pour la plupart casqués, sont entrés dans les grands bureaux de l’usine, aux cris de « Mittal, on veut du travail! ». Ils se sont ensuite rendus dans les étages supérieurs, dont la direction générale était absente, selon Edouard Martin, membre CFDT du comité central d’entreprise d’ArcelorMittal. Il s’agit de « mettre au chômage technique la direction. Nous resterons dans ces bureaux tant que les haut-fourneaux de l’usine n’auront pas redémarré », a-t-il ajouté. Une source syndicale a annoncé que des tentes allaient être érigées sur les pelouses de l’usine lors de cette occupation qui devrait se prolonger plusieurs jours. Pour les syndicats, la décision de la direction de ne pas remettre en route la filière liquide à Florange annonce une « mort programmée du site » où travaillent quelque 5 000 personnes, dont 3 000 en CDI. La direction d’ArcelorMittal doit présenter le 23 février aux représentants du personnel un projet de prolongation de la fermeture temporaire des hauts fourneaux au deuxième trimestre. ArcelorMittal, qui a décidé récemment la fermeture définitive de hauts fourneaux à Liège (Belgique) et Madrid, assure qu’en Lorraine il ne s’agit que d’une mise en veille temporaire rendue nécessaire par une demande insuffisante. Le haut fourneau P6 a été mis en veille en octobre 2011, tandis qu’un premier haut fourneau, le P3, était déjà arrêté depuis juin. Lors d’une assemblée générale la semaine dernière, les syndicats ont promis de faire de Florange « le cauchemar du gouvernement » s’ils n’étaient pas épaulés dans leur lutte. »Aujourd’hui, nous sommes les maîtres à bord et la direction ne reviendra que lorsque le marché le permettra », a renchéri Edouard Martin, en promettant « au moins une action par semaine jusqu’au 6 mai », date du deuxième tour de l’élection présidentielle.

Florange: reprise du haut-fourneau repoussée

23 novembre 2011

Le haut-fourneau P6 est-il condamné? La question se pose après l’annonce du renvoi à une date ultérieure, sans précision, de son redémarrage. « La direction, qui s’était engagée à remettre en route le P6 début janvier, nous a informés qu’un éventuel redémarrage n’interviendrait au mieux qu’à la fin du premier trimestre 2012″, a précisé Edouard Martin, délégué CFDT au comité central d’entreprise du n°1 mondial de la métallurgie.

La direction du site mosellan n’a pas souhaité confirmer cette information, renvoyant sur la direction générale du groupe à Paris. Le 4 octobre, le directeur d’ArcelorMittal Florange, Thierry Renaudin, avait affirmé que la « mise en veille » du P6 était « conjoncturelle, temporaire et provisoire » . La veille à Paris, le groupe sidérurgique avait annoncé la fermeture « pour une durée indéterminée » du dernier de ses hauts-fourneaux encore en activité en Lorraine. « Ce report de la reprise du P6 est une très mauvaise nouvelle. Elle conforte notre conviction que la filière liquide en Lorraine est morte et que quelque 2.000 emplois vont disparaître dans la région, dont un millier sur les 3.000 du site, 400 emplois chez les intérimaires et plusieurs centaines chez les sous-traitants », prédit Edouard Martin.