L’usine de Shougang la plus grande aciérie de Pékin délocalisée en province.

21 février 2011

Shougang, la plus grande aciérie de la capitale chinoise Pékin, a fermé définitivement ses portes début janvier 2011 au terme d’un long processus de délocalisation en province: un déplacement industriel colossal dû aux mesures environnementales décidées par le gouvernement. Conséquence humaine: plus de 20 000 ouvriers attendent de savoir ce qu’ils vont devenir.

Construit en 1919 à seulement 17 km de la célèbre place  Tiananmen, le plus grand groupe d’acier du pays déménage ! Les ouvriers eux,prendront les bus pour aller sur le nouveau site. « 8 000 personnes doivent prendre les bus. Ce sont des gens qui vivent à Pékin et qui sont amenés à travailler dans les nouvelles usines. Ils restent 12 jours sur place et ils reviennent ensuite se reposer pendant 4 jours. Au début ils attendaient le bus dehors, mais comme il fait froid l’entreprise à construit une salle d’attente près de l’ancien site », raconte Zhu Guo Lin, responsable de l’accueil. Métro, bus, boulot. 3 h 40 de route sont nécessaire pour rejoindre les nouvelles usines du Hebei. Pour la direction, « cette relocalisation est stratégique, l’accès à la mer devant permettre de réduire les coûts des transports ». Pour le gouvernement, ce déménagement du plus gros pollueur de la ville répond donc d’abord aux nouvelles normes environnementales adoptées depuis les Jeux Olympiques en 2008.

L'usine de Shougang à Pékin

Les derniers salariés du site ne partagent pas cet enthousiasme. Xi Vuhong a passé 21 ans dans l’usine de Pékin : « J’irais travailler dans la nouvelle usine après le Nouvel an chinois. C’est très dur…. J’aurais moins le temps de m’occuper de mon fils. Vous savez, la majorité des gens ne voulaient pas se déménagement. 10 % d’entre nous vont perdre leur travail ». En effet, 22 000 salariés du groupe n’ont toujours pas eu de propositions concrètes. Les nouvelles affectations, les retraites anticipées promises par la direction tardent à venir. Seule assurance, une partie du site de 700 hectares maintenant au cœur de Pékin devrait être transformé en parc d’attraction avec pour thème : l’histoire industrielle de la capitale.

Source RFI.

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